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Chroniques de Thierry (T) - Lettre C

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C.A QUINTET - Trip Thru Hell - (1969)
Jimmy Erwin (bs), Ken Erwin (vcls,tpt), Rick Patron (drms), Tom Pohling (ld gtr), Doug Reynolds (kbs).

J’ai souvent fantasmé sur la couverture de cet album, croyant avoir affaire à une bande d’allumés et j’ai été surpris de découvrir un groupe de collégiens très ordinaires ; cependant, ne vous fiez pas à leur allure et jetez une oreille à ce disque qui est souvent très inventif et qui mérite une certaine attention.
Je vous recommande aussi fortement d’acquérir l’édition Sundazed qui rétablit l’ordre original des morceaux et livre près d’une douzaine d’inédits et un livret très complet.
L’album, très court au demeurant avec ses 7 titres, démarre par une atmosphère mystérieuse, éthérée et de nombreux changements de rythmes ; on retrouvera ce même morceau à la fin de l’enregistrement où il s’achève sur une ambiance bien plus sombre, comme si l’enfer était atteint.
Les solos de guitare sont nombreux et originaux, avec une volonté affichée de paraître déstructurés, mais en fait très contrôlés. La basse est magnifique, ronde à souhait. L’organiste s’en tire plutôt bien, à la différence du batteur assez limité. Les meilleurs titres me semblent être les 1, 3 et 4. Recommandé.






C.A QUINTET - Trip Thru Hell - (1969)
 
 
CEYLEIB PEOPLE - Tanyet - 1967
Michael Sean Deasy (gtr,sitar), Lybuk Hyd  (vcls,drms), Larry Knechtel (bs,kbds), Joseph Osborn (bs,engineer) + Ben Benay (sitar), Ry Cooder (gtr), Mike Deasy (sitar,gtr,tbr), Jim Gordon (drms), Jim Horn (winds), Mike Melvoin (kbds).

Ce disque est l’oeuvre de musiciens de studio qui enregistrèrent les 2 parties formant ce court opus (il ne dépasse pas les 22 minutes). Le label DropOut propose les versions mono et stéréo, sans que cela n’offre un intérêt particulier. Philippe Thièyre parle excellemment de Tanyet qui raconte l’histoire de la terre où  les hommes marchaient avec les dieux dans une succession de petites pièces musicales. Est-ce pour autant une excellente collection de titres influencées par la musique indienne, comme le pense Vernon Joynson ?
Sous le galimatias pseudo-ésotérique reproduit dans le livret, la musique proposée est en effet bourrée de sitar qui domine nettement les autres instruments.
L’ensemble se veut donc une rencontre de la musique occidentale avec celle de l’Inde.
Je trouve personnellement le disque profondément ennuyeux et sans grande originalité.
La batterie est lourde, monocorde et la guitare rappelle beaucoup par sa sonorité, hachée et acérée, le style du Captain Beefheart.
Il reste que le disque est surtout remarquable pour la féerique peinture de la pochette, chef d’œuvre irrésistible et naïf de l’art psychédélique, comme le dit encore si bien P. Thièyre.Il faut bien sauver quelque chose.

      

 

 

CEYLEIB PEOPLE - Tanyet - 1967

 
 
CHARLATANS - The Amazing Charlatans - (1965-68)
Michael Ferguson (p), Dan Hicks (drms,gtr,vcls), George Hunter (vcls,harp), Richard Olsen (bs), Mike Wilhelm (gtr) + divers.

Il s’agit du 1er groupe rock de la baie de San Francisco et, à ce titre, cette formation est devenue mythique. Pour la partie biographique, je vous renvoie à l’article très documenté de Philippe Thièyre, que vous compléterez utilement par celui de Vernon Joynson et la lecture du superbe livret édité par le label Big Beat.
Les Charlatans n’ont peut-être pas mieux mérité leur nom car les amateurs de psychédélisme pourront être déçus à l’écoute de leurs compositions : rien de révolutionnaire chez eux, mais, au contraire, un respect marqué pour les racines de la musique populaire américaine (blues, country, folk, honky tonk…) qui "se fondent en un folk rock électrique et acide" (
Philippe Thièyre). On retrouve ces influences dans la reprise de nombreux traditionnels, dont le fameux "Alabama Bound? qui deviendra l’hymne du groupe, et dans leurs propres compositions (écrites essentiellement par Dan Hicks) qui relèvent d’un esprit très nostalgique.
Par ailleurs, les musiciens s’exhibent volontiers dans des tenues vestimentaires recherchées, affichant ainsi clairement leur volonté de jouer des personnages en adéquation avec la musique proposée.





CHARLATANS - The Amazing Charlatans - (1965-68)
 
 
CHILDREN - Rebirth - (1968)
William Ash (gtr), Louis Cabaza (clvs,vb,tuba), Stephen Perron (vcls), Andrew Szuch (drms), Cassell Webb (vcls).

Ce groupe est originaire de San Antonio, Texas. L’édition Gear Fab présente l’intégralité de leurs enregistrements, pré et post Children (que je considère comme d’un intérêt très mineur), et le livret détaille abondement les aléas de cette formation fort attachante.
J’ai été surpris de constater que leurs meilleurs titres (n° 10, 12, 15 & 16) n’étaient pas signés par L. Cabaza, auteur de tous les arrangements, mais du duo Ash/Perron. Je pensais que la singularité des Children était à mettre au compte d’une volonté d’élargir leur registre, en faisant appel à des cordes et des vents et en donnant ainsi naissance à des morceaux charmants, mais il s’avère que ce sont les titres les plus musclés qui éveillent l’intérêt : la force des Children réside dans leur facilité à provoquer des changements de rythmes, alternant les passages calmes et enlevés, où les soli sont inexistants, mais, dans lesquels le groupe se révèle complémentaire et expressif.
Sans vouloir être aussi dithyrambique que Stanton Swihart, dans sa chronique pour All Music, je pense que cet enregistrement vaut le détour.





CHILDREN - Rebirth - (1968)
 
 

CHRISTOPHER - Same - (1970)
Richard Avitts (gtr), Terrence Hand & John Simpson (drms), Doug Tull (perc,drms), Doug Walden (bs,vcls).

Je pensais avoir affaire, avec ce groupe texan, à un combo jouant un blues rock sans génie ou à du heavy psy sans réel intérêt. Je me suis bien trompé : leur album vaut le détour et on peut remercier le label Gear Fab pour la réédition de ce petit trésor ; le livret vous donnera tous les détails sur cette formation éphémère qui n’enregistra que cet unique opus.
Je soulignerais avant tout la solidité de la section rythmique (titre 4 notamment), inventive et très sûre (Hand et Simpson palliant efficacement les déficiences de Doug Tull) ; la subtilité de Richard Avitts (titres 8 et 10), économe et disert à la fois, ainsi que la très belle voix de Doug Walden, bassiste fort convaincant (titres 3 et 5).
L’atmosphère générale est assez particulière, comme si elle véhiculait une certaine inquiétude, ceci n’empêche pas Christopher de rester proche de l’esprit californien (cf. morceaux 2 et 4) ; le groupe affecte aussi les mid tempo, permettant à la musique de se développer sans contrainte au travers de nombreux break. Recommandé.




CHRISTOPHER - Same - (1970)
 
 
CHRISTOPHER - What’cha Gonna Do ?? - (1969)
Gary Lucas (drms), Bill McKee (bs,vcls), Steve Nagle (bs,vcls), Frank Smoak (gtr,vcls).

Groupe homonyme de son prédécesseur texan, mais originaire de Caroline du Sud ; formation elle aussi éphémère (mai 1968 - octobre 1969), dont l’histoire est retracée dans le livret du label Scenescof.
Je trouve ce disque très moyen, sans inspiration particulière et bien loin d’égaler ses homologues du Texas.
C’est un combo classique, jouant un rock acide très convenu : les 2 premiers morceaux m’ennuient beaucoup et il faut attendre des compositions plus courtes pour apprécier une certaine énergie (titre 3) ou un petit côté classique (titre 5) assez agréables.
La pochette est dithyrambique et parle du "légendaire album psychédélique" de ce groupe : je suis beaucoup plus réservé et considère qu’il existe de nombreuses pépites qui mériteraient une réédition au lieu de ce très dispensable enregistrement.



CHRISTOPHER - What’cha Gonna Do ?? - (1969)
 
 
CHURCHILLS / JERICHO JONES - Same & Junkies, Monkeys & Donkeys - (1968-69 / 1970-71)
Michael Gavriellov (bs), Rob Huxley (gtr), Hayim Romano (gtr,mand), Stan Solomon (vcls), Amy Trybich (drms) / same + Danny Shoshan (vcls) replacing Solomon.

Ah ! Quel groupe. Je suis un grand fan de la 1ère formation qui a su mêler, avec bonheur, à un bagage rock les influences de certaines musiques orientales. Les Churchills sont à la base trois musiciens israéliens, rejoints par un anglais (Huxley) et un canadien (Solomon).
Leur 1er album est un petit bijou qu’il faut, mis à part 2 ou 3 choses un peu datées, impérativement acquérir. Il reflète parfaitement cette époque avec la spontanéité, l’insolence et le brio de musiciens curieux et inventifs. L’intelligence des membres fondateurs, Gabriellov & Romano, est d’avoir su laisser parler leurs racines méditerranéennes, ce qui donne ce cachet si particulier à leur musique : vous trouverez de très belles interventions de fuzz (titres 6, 9, 10) ou des solo tranchants (8, 11, 15), mais, lorsque la mandoline apparaît, la singularité de ce groupe éclate réellement (4 et - point d’orgue de l’album - titre 12). Très recommandé.
Après le départ de Salomon, ils engagèrent un nouveau chanteur qui les fit rentrer dans un moule beaucoup plus conventionnel. C’est aussi le départ pour l’Angleterre et la recherche du succès selon des critères établis. Fin de l’originalité des Churchills et naissance des Jericho Jones. Leur 2nd album n’est pas mauvais mais il n’apporte rien de nouveau : on y trouve l’influence du hard & des Beatles dans la voix de Shoshan, de nombreux changements de rythmes dans des morceaux alternant les mid tempo et des passages plus durs ; les derniers titres sont plus intéressants (quelques zestes des Churchills).
A noter un livret quasi entièrement rédigé en hébreu et des incohérences dans la durée et la numérotation des compositions (CD 2).





JERICHO JONES - Junkies, Monkeys & Donkeys - (1970-71)

 
 

CHURLS - Same & Send Me No Flowers - 1968-69
Harry Southworth Ames (gtr), John Barr (bs), Brad Fowles (dms), Sam Hurrie (gtr), Robert O’Neill (vcls) ; same +  Newton Garwood (kbds,vcls) replacing Hurrie.

Je n’ai que très peu de renseignements biographiques sur ce groupe canadien anglophone, originaire de Toronto, venu tenter sa chance à New-York à la fin des sixties où il  y a enregistré les albums ici chroniqués. Ces musiciens ont effectué en compagnie de Muddy Waters et Blod, Sweat & Tears la tournée des universités de la côte Est.   
Leur musique est très pêchue, surtout dans l’album éponyme, mais, elle se démarque des nombreux autres groupes garage par une production de bonne qualité et un sens mélodique indéniable. L’utilisation intelligente de la wah-wah, des titres simples mais accrocheurs, une belle voix, les Churls méritent d’être redécouverts : la jolie guitare d’Eventual Love, les cuivres de Crystal Palace et de Where Will You Be Tomorrow,le groove communicateur de Think I Can’t Live Without You, la ballade offerte avec Princess Mary Magaret, l’enlevé City Lights, les riffs de Fish On a Line, le Stonien The Weeks Go By et la reprise de Reservations sont de très bonnes réalisations qui étonnent par le plaisir simple qu’elles communiquent ; il reste que le sommet de ce disque reste Time Piece où la fuzz est la reine des lieux dans des interventions grandioses ; il faut cependant reconnaître que Gipsy Lee n’est pas mal non plus avec un solo à décorner un bœuf.
Send Me No Flowers amène un changement parmi les musiciens : un organiste fait son entrée dans le groupe à la place de l’un des 2 guitaristes, or, cette modification ne semble guère affecté le combo si l’on en juge le titre éponyme qui ouvre fort efficacement l’album, avant l’arrivée d’un beau mid-tempo avec I Can See Your Picture, puis, que l’orgue n’imprime sa marque sur des titres comme See My Way ou She Needs A Man ; certains morceaux manquent pourtant de spontanéité comme Long, Long Time ou Too Many Rivers ; il reste un bon Trying To Get You (peut-être inspiré par le Got To Get You Off My Mind de Solomon Burke) où la hargne première refait enfin surface.
Dernière précision : leur nom se traduit par Les Rustres ou les Mal-Élevés, mais, ils paraissent très sages dans leurs costumes médiévaux de pochette (label Synton).

 

 

 

CHURLS - Same & Send Me No Flowers - 1968-69

 
 
CIRCUS MAXIMUS - Same - (1967) & - Neverland Revisited - (1968)
Bob Bruno (ld gtr,kbs,vcls), David Scherstrom (drms), Pete Troutner (gtr,percu,vcls), Jerry Jeff Walker (gtr,vcls), Gary White (bs).

Ce groupe est né de la rencontre de J.J. Walker avec Bob Bruno au Texas. Le duo monte à New-York, est repéré par un producteur et s’attache les services de 3 autres compères pour enregistrer les 2 albums évoqués ci-dessus sur le label Vanguard.
Leur 1er opus n’est pas désagréable mais il n’est pas non plus transcendant. Le duo fondateur se partage les compositions, plus psychédéliques et jazzistiques pour Bruno que celles de Walker, aux influences très folk-rock (des Byrds, notamment, avec un solo entièrement pompé sur ces derniers, cf. titre 1). Bref, au total, un enregistrement correct, aux voix agréables mais dont l’originalité n’est pas la qualité première (les 2 derniers morceaux ressortent un peu plus de l’ensemble). A noter : la qualité musicale du bassiste.
Le 2ième album se différencie du précédent par l’emploi systématique des claviers (la maîtrise de jeu de Bruno est indéniable) et la différence dans le traitement des voix : au chant calme et posé de Walker contraste celui énervé, et presque irritant, de Bruno. Par ailleurs, le titre éponyme est intéressant avec ses effets sonores, le solo de piano proche de celui de "Wind" du 1er disque et un break intelligemment amené. Enfin, Gary White joue toujours aussi bien.


CIRCUS MAXIMUS - Same - (1967)
CIRCUS MAXIMUS - Neverland Revisited - (1968)
 
 

CHIMO - Chimo ! - (1970)
Tony Collacott (p), Andy Cree (dms), Johnny Johnson (bs,vcls), Breen LeBoeuf (vcls), Jack Mowray (gtr), Ross Raby (org).

"Chimo!", expression esquimaude qui voudrait dire "bonjour, bienvenue et paix", est le titre retenu pour leur unique album par ce groupe canadien, originaire de Toronto.
Cet enregistrement est assez inégal et laisse perplexe quant à son manque de réussite ou à une réelle volonté d’originalité. En effet, la moitié des titres ne vaut pas tripette et sont à jeter (slows ou morceaux soft rock sans aucun intérêt) ; enfin, pourquoi le choix d’un tel chanteur à la voix de bellâtre, s’écoutant s’égosiller et sans aucune inspiration.
Par contre, l’autre moitié est très intéressante par la qualité instrumentale des protagonistes (très belles parties d’orgue et de piano) et les changements de rythmes (bonne cohésion du couple basse/batterie) ; les compositions les plus intéressantes sont, à mon avis, les titres 2, 6, 9, 10, 11, 14 et 15 ; elles sont pour la plupart signées par le pianiste et l’organiste.
Le livret du label Pacemaker est assez bien fait et détaille les avatars de cette formation. En résumé, un album mi-figue mi-raisin.




CHIMO - Chimo ! - (1970)
 
 
CHIRCO - Visitation - (1972)
Tony Chirco (perc,elec.vb,drms,UFS), S.H. Foote (kbs), John Naylor (gtr), Ted MacKenzie (drms), Anvil Roth (vcls), Bruce Taylor (bs).

La pochette laisse présager un album influencé par la country (il fut du reste produit par un obscur label du Colorado), or, celui-ci est avant tout le fruit d’une rencontre entre un percussionniste et un groupe proche de New-York nommé "Sassafrass".
Les notes de pochette de l’édition Gear Fab vous détaille cette histoire. Je recommande aussi la lecture de la chronique de Stanton Swihart de All Music dont je partage le point de vue.
En résumé, le disque tire, avec ses 2 longues suites, vers le progressif, avec de petites influences jazzy. Après plusieurs écoutes répétées, je reste assez circonspect quant à l’intérêt de ce disque : la section rythmique est très solide ; le guitariste se montre à son avantage sur les 2 derniers morceaux, mais, le gros point faible de cet enregistrement est l’utilisation d’un chanteur du style hard rock sans conviction ni sincérité ; on trouve aussi, le long des titres, des insertions de cuivres et de percussions, la recherche de climats variés et une certaine emphase.





CHIRCO - Visitation - (1972)



 
 

CHRISTMAS - Same - (1970)
Bob Bryden (vcls,gtr), Robert Bulger (ld gtr), Wolfgang Hryciuk (vcls, tamb), Tyler Raizenne (bs), Helge Rich Richter (drms), Gary Squires (vcls).

Groupe canadien, formé à l’initiative du guitariste & compositeur Bob Bryden, à l’issue de sa formation précédente, Reign Ghost.
Le 1er album studio de ce groupe qui en enregistra 2 autres, mis à part un live, est le fruit d’un ensemble à la recherche de sa cohésion et d’une stabilité plus aboutie que l’ouvrage ici livré. C’est un travail très agréable mais le potentiel du groupe n’est pas encore atteint : on y trouve 3 compositions de Bryden, avec de belles voix et une atmosphère très détendue, ainsi que 2 instrumentaux, dont une longue jam, avec de superbes entrelacs de guitares.
Groupe intéressant mais en devenir : je vous convie à découvrir leur 2ième opus, "Heritage"



CHRISTMAS - Same - (1970)
 
 
CHRISTMAS - Heritage - (1970)
Bob Bryden (vcls,gtr,clvs), Robert Bulger (ld gtr), Tyler Raizenne (bs), Helge Rich Richter (drms).

Il s’agit du second album de ce groupe canadien, enregistré 6 mois seulement après leur 1er opus, et il tient toutes ses promesses ; les qualités des musiciens, âgés de 16 à 19 ans, éclatent au grand jour et ils jouent réellement avec la maîtrise de vieux briscards (les notes de pochette de l’édition Unidisc nous apprennent qu’ils ont, semble-t-il, beaucoup répéter).
J’ai pourtant craint le pire lorsque, après la jolie mais inconsistance intro aux claviers, débute un titre très mal mixé et sans réel intérêt. Or, pour moi, l’album démarre alors et va monter en puissance tout au long des autres compositions, dues à la plume de Bryden (sauf les 2 derniers morceaux des bonus offerts).
Christmas joue fort mais avec puissance et majesté. C’est du heavy psy, et du bon, pas celui qui masque le manque d’imagination et d’originalité. Les musiciens sont impeccables (quel batteur ! là où d’autres ferraillent, Richter impressionne par son volume de jeu), culottés et brillants. Leur marque de fabrique consiste, peut-être, dans de multiples changements de rythme ; les solo de guitare acide abondent aussi, parsemés de (quelques) influences country. J’ai un faible pour les titres 6 (magnifique), 8, 9, 11 et 12. Très recommandé.





CHRISTMAS - Heritage - (1970)
 
 
CHRISTMAS (The Spirit of) - Lies to live by - (1974)
Bob Bryden (vcls,gtr), Robert Bulger (ld gtr), Tyler Raizenne (bs), Helge Rich Richter (drms), Preston Wynn (vcls, clvs,gtr).

Troisième et dernier album de la formation canadienne. C’est aussi l’entrée dans le courant progressif et ma déception est à la mesure de mon enthousiasme pour le disque précédent. A la spontanéité, au culot et à la réussite ont succédé la technicité et la méthode.
Ce n’est pas un mauvais enregistrement car les musiciens n’ont peut-être jamais mieux joué, les voix sont extrêmement travaillées mais, au final, mais je n’y trouve pas mon compte : le disque n’est - heureusement - pas noyé sous des flots de mellotron, mais, les compositions sont assez interminables et elles n’apportent rien à tout amateur de psychédélisme.
Vous trouverez des renseignements utiles sur la supervision de cet enregistrement au format digital (édition Laser’s Edge pour ma part) par Bryden sur le site suivant : Canoe (chercher Christmas et, surtout, la discographie de Bob Bryden).




CHRISTMAS (The Spirit of) - Lies to live by - (1974)
 
 
CLEAR LIGHT - Same - (1967)
Cliff DeYoung (vcls), Doug Lubahn (bs), Michael Ney (drms), Ralph Schuckett (clvs), Bob Seal (vcls,gtr), Dallas Taylor (drms).

Une charmante formation de Los Angeles, typique des années soixante, avec la particularité d’avoir engagé 2 batteurs dans ses rangs : voilà, en résumé, ce que l’on peut retenir de ce groupe agréable, mais sans réelle personnalité.
Philippe Thieyre n’est pas tendre avec eux mais je ne partage pas sa sévérité ; je rejoindrais plutôt l’avis de Matthew Greenwald, sur All Music, qui les décrit comme un ensemble daté mais relativement plaisant. Par ailleurs, le livret de l’édition Collector’s Choice Music détaille l’histoire de ce combo éphémère, pressuré, semble-t-il, par Paul Rothchild, producteur sur le célèbre label Elektra.
Les compositions sont assez courtes et ne permettent guère aux musiciens de se mettre en avant. Toutefois, les 2 batteurs apportent un allant et une vigueur qui aurait certainement fait défaut au groupe sans leur présence. On trouve aussi quelques éclairs de fuzz et de jolis passages aux claviers ; s’il fallait retenir quelques morceaux, je recommanderais les titres 8, 4 et 2.





CLEAR LIGHT - Same - (1967)
 
 

COMMON PEOPLE - Of the People/By the People/For the People from - (1969)
John Bartley III (gtr), William Fausto (clvs), Michael McCarthy (bs), Danny Rebinett (vcls,gtr), Jerrald Robinett (drms).

Philippe Thieyre a d’abord dédaigné ce groupe, avant de l’encenser, et Ritchie Unterberger l’a rejeté ;
quant à moi, je l’apprécie beaucoup.
Ces musiciens d’origine inconnue ont enregistré leur unique album à Los Angeles avant de disparaître. Etait-ce une formation expérimentale du producteur David Axelrod, remercié sur la pochette du label Ascension, ou un groupe aux idées bien affirmées ? C’est un mystère car le disque, très court, révèle des contrastes assez frappants entre les titres : il débute dans une atmosphère éthérée, rêveuse, presque onirique ; se poursuit par une musique de cabaret, très anglaise (à la Small Faces), pour finir avec des arrangements de cuivres rutilants.
Cependant, cet album baigne, pour moi, dans un climat très mélancolique. Il recèle quelques perles comme le titre 3, merveilleux, qui contient l’un des plus beaux arrangements de cordes du courant psychédélique ; le titre 6 avec un contraste réussi entre les riffs de guitare et la voix tempérant l’ensemble ; le titre 10 où l’orgue remplace les cordes et contribue à l’expression saturnienne du morceau. Recommandé.



THE COMMON PEOPLE - Of the People/By the People/For the People from - (1969)

 
 

COMUS - First Utterance (1971)
Glen Goring (gtr,vcls), Andy Hellaby (bs), Colin Pearson (violin), Bobbie Watson (vcls,perc), Roger Wootton (gtr,vcls), Rob Young (flt, oboe,perc).

Voici l’une de mes plus belles découvertes musicales pour laquelle j’éprouve un enthousiasme renouvelé à chaque écoute.
Il s’agit d’un groupe de folk anglais qui travaille à partir de matériaux classiques (instrumentation & compositions), mais, qui les détourne si habilement et si intelligemment
que je suis admiratif devant le résultat obtenu.
Avant tout, Comus est dans la mythologie romaine le dieu de la bonne chère et des libations, mais, c’est aussi un poème de John Milton (XVII siècle) évoquant la tentation charnelle. Le ton est donné et je vous conseille de lire les renseignements fournis par Chris Blackford (la pochette de l’édition BGO ne donne malheureusement aucun renseignement sur l’album).
Sous les abords enjoués du style folk, c’est la face sombre du psychédélisme qui est en fait évoquée avec des histoires de folie, de meurtre ou de viol (à l’image de la pochette très tourmentée, oeuvre du chanteur-guitariste Roger Wootton).
Vous trouverez donc dans ce disque unique, qui mérite plus que tout l’appellation de folk acide, une série de compositions singulières : ainsi, le titre 1 où les guitares semblent désaccordées, où le chant paraît outré mais dont les percussions emportent les convictions ; ou le titre 2 dont l’atmosphère rêveuse, évoquée par la voix sublime de Bobbie Watson, reste pourtant inquiétante ; ou encore le titre 3 où une guitare-sitar, un duo violon-voix, un chant aux intonations outrancières sont entraînés dans une sarabande diabolique par un archet virevoltant ; je pourrais aussi évoquer le titre 4 où les voix sont modulées pour donner un effet d’écho, ou, le n° 5 avec une guitare aux tonalités extrêmes, et en fait, le rythme général du disque constamment relancé par les percussions. L’inventivité, la maîtrise et la qualité instrumentale de ce groupe méritent amplement d’être soulignées.
Cet album conduira tout amateur de psychédélisme dans une étrange aventure. Je le recommande particulièrement.










COMUS - First Utterance (1971)
 
 
CORPORATION - Get On Our Swing - (1967) et - Hassels In My Mind - (1968)
Kenneth Bernard Berdoll (bs,vcls), John Alexander Kondos (gtr,flt,hrp,p,vcls), Nicholas Kondos (drms,vcls), Patrick McCarthy (clvs,trbne), Daniel Vincent Peil (vcls), Gerard Jon Smith (ld gtr,vcls).

Je vous présente l’un de mes groupes psychédéliques préférés. Je suis un inconditionnel de cette remarquable formation.
Les raisons de cet attachement sont dues à l’énergie et à l’impétuosité du groupe, à l’imagination des musiciens et à la richesse des instrumentations.
Toutefois, avant d’aborder la chronique proprement dite, je voudrais rectifier une erreur de Vernon Joynson qui indique que ces albums datent de 1970 ; il n’en est rien et ce sont bien les 2 premiers enregistrements de Corporation (cf. P. Thieyre), originaire de Milwaukee (Midwest).
Le 1er disque est marqué par des guitares fuzz, à la sonorité très métallique qui restera l’une des marques de fabrique du groupe, mais aussi par une batterie qui roule sans fin, des sifflements, des riffs d’orgue, une flûte en folie … Le titre 4 est, en ce sens, caractéristique de cette intensité, mais, d’autres morceaux peuvent aussi être nominés (les 2 derniers ou le titre introductif). Corporation frappe fort d’entrée et continuera sur cette lancée, sans jamais décevoir.
Sur le 2nd album, les compositions prennent de l’ampleur et sont de grands moments de psychédélisme : changements de rythme ; guitares acides, féroces et tranchantes ; trompette triomphante ; flûte folle et orgue omniprésent, bref, tout y est. La musique est conduite avec maestria, le style est puissant mais jamais agressif, à la différence du hard. Les titres 9 et 10 sont excellents.
Extrêmement, hautement et vivement recommandé.






CORPORATION - Get On Our Swing - (1967)

 
 

CORPORATION - The Corporation - (1969)
Kenneth Bernard Berdoll (bs,vcls), John Alexander Kondos (gtr,flt,hrp,p,vcls), Nicholas Alexander Kondos (drms,vcls), Patrick Daniel McCarthy (clvs,trbne), Daniel Vincent Peil (vcls), Gerard Jon Smith (ld gtr,vcls).


Il s’agit du 3ième et dernier enregistrement de cet excellent groupe.
Il débute avec un remarquable morceau où l’on retrouve la même énergie des albums précédents et cette puissance sans cesse relancée par des sifflements, des interventions de l’orgue & de la flûte. Il se poursuit avec un second titre tout aussi enlevé avec un solo de guitare très acide. Celle-ci est toujours présente dans la composition suivante avec cette sonorité caractéristique, tranchante avant tout. Les deux autres morceaux sont basés sur une trame bluesy pour l’un et un bon duo orgue-flûte pour le cinquième.
Le dernier titre est l’adaptation d’une composition de John Coltrane, "India", d’une durée de près de 20 mn ; il s’agirait de la seule réalisée par un groupe rock et, comme le dit avec justesse P. Thieyre, elle "n’engendre pas une seule seconde d’ennui ou de monotonie" : c’est une succession de solos de fuzz, d’orgue, de flûte, de basse accompagnée par une batterie qui, si celle n’égale pas celle d’Elvin Jones, virevolte et colle à la trame du morceau, lequel s’achève par les voix en chœur et les percussions qui veulent évoquer l’appel d’un pays lointain. Toujours aussi recommandé.






CORPORATION - The Corporation - (1969)
 
 
COVEN - Witchcraft Destroys Minds & Reaps Souls - (1969)
Jinx Dawson (vcls), Jim Dolinger (gtr,vcls), Jim Nyeholt (kbds), Mike Osbourne (bs), Steve Ross (drms).


J’ai découvert ce groupe en lisant la biographie d’Aorta dans le célèbre ouvrage, "Fuzz, Acid & Flowers", de Vernon Joynson. J’avais alors particulièrement apprécié le duo Jim Dolinger-Jim Nyeholt. J’étais donc très intéressé par leur collaboration à cette formation au départ inconnue.
Coven est né de la rencontre de 3 étudiants de Chicago - Dawson, Osbourne & Ross - attirés par les sciences occultes. De fait, il s’agit de l’un des 1ers groupes à avoir proclamé jouer du rock satanique. Je pense qu’il faut mettre un bémol à cette appellation : les thèmes joués affichent clairement un univers certes totalement différent du Peace & Love des groupes de l’époque mais ils restent très gentillets dans leur traitement du sujet, le groupe ne cherche pas vraiment à créer une musique démoniaque et reste musicalement proche du Jefferson Airplane ; le final se veut le récitatif d’une messe satanique... Tout ceci n’est au bout du compte qu’une grosse plaisanterie à l’instar de la pochette (label Hard Rock Yankees) qui respecte les canons du genre (à noter que le trio apparaissant sur la photo est constitué des membres fondateurs mais que la demoiselle dévêtue sur l’autel n’est pas la chanteuse, bien qu’elle lui ressemble beaucoup).
La musique proposée est loin d’être mauvaise, même si je n’ai pas retrouvé les grands moments passés avec Aorta. Elle est dominée par la voix de Jinx Dawson dont la tessiture est particulièrement ample (elle a une formation classique). Jim Dolinger a effectué tous les arrangements et a écrit quasiment tous les morceaux (cocasse quand l’on sait que ce musicien a débuté dans un groupe de rock chrétien…).
J’ai été sensible à la qualité de certaines compositions (titres 3, 4 et 8) où l’on retrouve, respectivement , une litanie évoquant un rituel vite abandonné pour laisser place à un passage très folk-rock avec une guitare serpentine en arrière-plan de la voix féminine, ou encore, un duo vocal lancé sur un rythme très entraînant avec une batterie sautillante et, enfin, une belle introduction due aux sonorités fruitées de la guitare, puis à la présence de l’orgue et aux chorus voix/guitare. D’autres morceaux sont encore intéressants, notamment les titres 2 (plutôt mid tempo avec des percussions insolites), 5 (au chant très affirmé et aux interventions de la guitare et du piano) et 6 (avec un beau solo trop court en intro et ses changements de rythme).
Je vous laisse donc le choix d’aller ou non à la rencontre de ce groupe qui se voulait provoquant mais qui ne fait guère peur qu’à ceux qui le veulent bien…Un nouvel aspect du psychédélisme.


 

 

 

 

 
 

CREME SODA - Tricky Zingers - 1975
Art Hicks (drms,vcls), Don Juntunen (ld gtr,bs), Bill Tanon (gtr,harp,mand,perc,vcls), Jim Wilson (bs,kbds,perc,vcls).

 Groupe du Wilconsin formé en 1972, Creme Soda a enregistré son unique album 3 ans plus tard.
Je suis loin de partager l’indulgence de plusieurs critiques vis-à-vis de ce disque. Le son est en général extrêmement mauvais et la production est d’un amateurisme confondant.
La plupart des titres sont conduits sur des mid-tempos lorgnant du côté du folk-rock sur lesquels le guitariste soliste est le seul à vraiment tirer son épingle du jeu ; trop de morceaux sont soit desservis par un mixage médiocre (Give It Up (Man), Deep in a Dream, Keep It Heavy) soit inutiles (I'm Chewin' Gum et  Nazz Are Blue, 2 rockabillies vraiment nuls) ou encore très conventionnels (Roses All Around, And That Is That et Daydreamin') ; seul, The Beat Song surnage grâce à un certain climat dû aux riffs et aux percussions mais sans briller pour autant.

A vous de décider si la réédition proposée par le label Radioactive vaut vraiment son acquisition. Quant à moi, mon choix est fait.

 

 

CREME SODA - Tricky Zingers - 1975

 
 
CYMANDE - Cymande - (1973)
Desmond Atwell (sax), Joey Dee (vcls,perc), Derek Gibbs (sax), Pablo Gonzales (congas), Sam Kelly (drms), Patrick Patterson (gtr), Mike Rose (perc,winds), Steve Scipio (bs).

Il peut sembler paradoxal d’écrire la chronique d’un album de soul-funk music alors que le sujet principal de ces rubriques traite du psychédélisme. Cependant, il s’agit de reconnaître que certains morceaux de cet album ne dépareillent en aucune mesure de ce contexte à l’instar de la célèbre composition, "The Dove".
Cymande est un groupe formé à Londres à la suite de la rencontre de 8 musiciens originaires de la Guyane (britannique), de la Jamaïque et de l’île de St-Vincent. Les notes de pochette du label Collectables sont très explicites en la matière. Leur nom vient d’un mot employé dans les îles des Caraïbes désignant la colombe de la paix. L’illustration de la pochette prend ainsi tout son sens. Si le psychédélisme est certes à l’agonie en 1973, il n’en reste pas moins que ses idéaux ont essaimé.
C’est l’état d’esprit dans lequel cet album me semble avoir été enregistré.
Je dirai avant tout que la musique de Cymande m’a surpris par son habileté et sa subtilité. Il ne s’agit en aucun cas d’une music funk racoleuse et rentre-dedans. Bien au contraire, les arrangements sont finement ciselés avec des percussions omniprésentes mais jamais envahissantes, et des cuivres parfaitement en place. A tout seigneur, tout honneur, je rends hommage à ce magnifique titre (n°4), "The Dove", où la guitare est proche d’un certain Santana, où les délicates percussions et la grosse basse vont petit à petit enfler pour laisser entrer les voix, reprenant inlassablement le mot "love" (cf. John Coltrane) et permettre à la flûte de virevolter. D’autres compositions sont aussi de très bonne facture : ce sont les titres 1 (cher par MC Solaar…), 5, 9 (thème piqué à Marvin Gaye), 11(beaux soli de sax et flûte), 12 (à l’atmosphère un peu rêveuse), 15 (dédicacé avec un petit clin d’œil au 1er hippie du monde) et 16.
Tous les ingrédients du style funk sont présents dans cette musique : la basse est maîtresse du jeu, la batterie ponctue le tempo et les cuivres interviennent à coups de riffs ou de soli efficaces. Il reste que les percussions judicieusement employées apportent le charme, la souplesse et le liant à l’ensemble qui balance à merveille au son d’une belle guitare. C’est l’apport au psychédélisme de la musique noire dans ses plus beaux atours. Recommandé.

 

 

 

 

CYMANDE - Cymande - (1973)

 
       
 
La Suite des Chroniques de Thierry : : lettre D ou autres
 



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